Wednesday, 12 May 2010

Les gardiens de Camelot



A Londres, les propriétaires d’immeubles vacants font appel à la compagnie de gardiennage atypique: Camelot.


Une vraie niche
Leader sur son segment depuis 7 ans, Camelot propose en service ses gardiens. La société met en effet à résidence pléthore de locataires d'un genre nouveau, des gardiens donc, qui vont assurer la sécurité du site et l’entretien continuel des espaces. Ces immeubles étant de potentielles cibles pour les squatteurs, dans une ville comme Londres les propriétaires recherchent avant tout l'effet dissuasif. Les gardiens vivent parfois à 5, souvent à 10 et plus.
Le concept, original et répondant à une vraie demande, fut mis en place dans les années1970 aux Pays-Bas par deux étudiants. Alors fauchés, ils demandent aux propriétaires de lieux vides l’accord d’occupation de leur espace en échange de leur protection matérielle. L'idée plaît, fait des émules et se développe rapidement dans la capitale Britannique. Camelot compte aujourd'hui 400 clients allant des simples propriétaires commerciaux aux institutions gouvernementale telles que le Ministère de la Défense ou encore les Transports Britanniques. Le concept en ravit plus d'un: les gardiens trouvent un toit pour pas cher et les propriétaires sont rassurés sur leurs biens.
Du gardiennage contractuel
Souvent en plein centre ville, les locataires-gardiens bénéficient d'un loyer très modeste par rapport au prix du marché, seulement 200£ par mois environ. En contrepartie, ils se plient aux exigences de l’accord. Pas de fêtes, pas de « sleep over ». « Les règles sont strictes » note Rob, jeune cinéaste qui habite dans un ancien pub à Greenwich. Au rez de chaussée de ce pub, on devine encore le bar arrondi et quelques tables rescapées ici et là, la pièce est cependant toujours insalubre. En revanche, à l'étage les espaces sont clairs, propres, vastes et bien entretenus. « Les travaux n'ont toujours pas commencé », note Rob, se référant au hall d'entrée aux allures de squat. Camelot se chargera de donner un préavis aux gardiens une fois que le propriétaire aura décidé le début des rénovations. Les gardiens jouissent de grands espaces pour de bas prix certes, mais doivent faire montre d'une grande flexibilité et de compréhension. Ce sont les termes de l'accord signé après un processus de sélection des candidats.
Après la stricte sélection -il vaut d'ailleurs mieux être employé à temps plein lors du dépôt de candidature-, les gardiens se voient accordé un très grand espacé, souvent atypique, parfois délabré. Ils vivent dans des anciens hôpitaux, des églises, des anciennes casernes de pompiers ou des anciens bureaux. La période d'occupation est variable: de 4 mois à un an, et le préavis de Camelot est de 15 jours. Au terme du contrat, la compagnie assure le replacement de ses gardiens dans de nouvelles résidences. La capacité d'adaptation doit être totale. Cela reste une vraie aubaine pour certains employés: dans ces lieux, on y trouve beaucoup de jeunes créatifs, en situation précaire ou indépendante. Les étudiants, par contre, passent leur chemin. « On ne sélectionne que des gardiens fiables », confirme Nicole, manager de projet chez Camelot qui se fait le garant du sérieux de ses locataires. Le succès étant au rendez-vous et la niche étant certaine, son alter ego débarque en France, Lancelot. L’idée plaira forcément à Paris où la donne locative reste un problème pour beaucoup. Trop d'espaces restent vacants sans raison, alors que ce concept pourrait pallier quelque peu au drame du mal-logement. Aller, oust, la sempiternelle et vétuste chambre de bonne au prix exorbitant!

http://www.lepetitjournal.com/londres/a-la-une-londres/58868-securite-camelot-et-ses-gardiens.html

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